Le dimanche 22 mars 2026, le 19ᵉ arrondissement de Paris vibrera au rythme du vinyle à l’occasion de la 16ᵉ édition de Paris Loves Vinyl. Plus grande convention française dédiée au disque vinyle et l’un des rendez-vous majeurs en Europe pour les collectionneurs, l’événement se tiendra à l’Espace Niemeyer, bâtiment emblématique de l’architecture moderne conçu par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.

Depuis sa création en 2016, Paris Loves Vinyl attire des dizaines de milliers de collectionneurs, de diggers (ces passionnés qui parcourent les bacs à la recherche de pépites) et de mélomanes curieux. Chaque édition propose un véritable festival de découvertes : plus de 100 000 vinyles sont mis en vente par environ 70 exposants français et internationaux, tandis que huit DJs se relaient tout au long de la journée pour partager leurs sélections et créer une ambiance sonore unique.

À la tête de l’événement, Denis Dantas a accompagné la croissance de la foire, qui a débuté avec 30 vendeurs, 50 000 vinyles et environ 800 visiteurs. « Nous avons doublé le nombre de disques et triplé la fréquentation. Aujourd’hui, nous recevons entre 2 000 et 3 000 visiteurs, toujours sur une seule journée. Cela nous a permis de créer une véritable communauté, composée de nombreux jeunes et d’une clientèle beaucoup plus féminine, qui représente désormais environ 30 % du public », explique-t-il. Longtemps perçue comme un univers majoritairement masculin, la culture du vinyle s’ouvre ainsi à de nouveaux profils et à une génération renouvelée de collectionneurs.

Grand amateur de musiques brésiliennes et collectionneur averti, ayant effectué une vingtaine de voyages au Brésil en dix ans, Denis Dantas cite parmi ses trois albums de prédilection le trésor recherché des diggers Nuvens de Tim Maia (Seroma, 1977), issu de la fascinante période « Racional » du chanteur, fusion vibrante de soul, de funk et de samba. Il mentionne également l’album éponyme d’Arthur Verocai (Continental, 1972), chef-d’œuvre longtemps resté confidentiel avant d’être redécouvert par les DJs internationaux dans les années 1990 et 2000, aujourd’hui considéré comme un disque culte de la MPB. Enfin, il évoque Deixa Eu Dizer de Claudia (Odeon, 1973), album élégant et intemporel, incarnation de la sophistication harmonique de la MPB des années 1970.

Parmi les stands, Diaspora Records, fondé par Greg de Villanova, attire particulièrement l’attention. DJ et collectionneur franco-brésilien basé à Paris, Greg de Villanova est également le fondateur du label Oriki Music. Il a commencé sa carrière musicale à Salvador, en Bahia, au tout début des années 2000, où il a développé son expertise dans le « record digging ».

« Salvador ne comptait alors qu’une poignée de magasins de vinyles d’occasion. Le samba jazz, la bossa nova ou le funk brésilien que l’on trouvait à Rio ou à São Paulo y apparaissaient rarement », explique-t-il. « Je n’ai eu d’autre choix que de m’adapter et d’explorer de nouvelles directions, ouvrant mes oreilles à des genres musicaux brésiliens que j’avais jusque-là ignorés, tels que le forró, le carimbó, le samba, le frevo ou le maracatu, en appliquant une leçon très simple apprise auprès de l’un de mes mentors : tout écouter ! »

Oscar Niemeyer à Paris : un joyau moderniste au service de la culture

L’Espace Niemeyer, qui accueillera le Paris Loves Vinyl, est bien plus qu’un simple lieu d’accueil d’événements culturels : c’est une œuvre majeure de l’architecture moderne. Conçu entre 1969 et 1980 par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, ce bâtiment classé monument historique se distingue par ses formes fluides et ses courbes audacieuses, signature de l’artiste, qui cherchait à rompre avec la rigueur des lignes droites pour privilégier des volumes plus organiques et expressifs.

Initialement édifié comme siège du Parti communiste français, l’Espace Niemeyer a progressivement ouvert ses vastes volumes à la vie culturelle parisienne. Sous sa grande coupole emblématique, des concerts, expositions, performances et autres manifestations artistiques trouvent un écrin singulier où se mêlent béton brut, larges surfaces vitrées et jeux de lumière naturelle. Aujourd’hui, il fait figure de lieu atypique et inspirant pour les événements culturels, alliant patrimoine architectural et programmation vivante, à l’image de la diversité artistique qu’il accueille. 

Line‑up Paris Loves Vinyl

  • Dipiz – Dipiz Broc (10h) : DJ, beatmaker et fondateur du label Broc Recordz, Dipiz plonge dans le hip‑hop, le jazz et la soul à travers des disques rares, transformant chaque set en véritable exploration musicale.
  • Soulone – Julien (11h) : collectionneur depuis 1997, Soulone mélange jazz‑funk, rythmes brésiliens et pépites internationales avec un sens aigu du groove et de la narration.
  • Céline – Sundae (12h) : figure de la scène house et techno parisienne, Céline insuffle à ses sets l’énergie des célèbres fêtes dominicales de New York, entre tradition et innovation.
  • Adam Baker – Midnight Voodoo (13h) : selector basé à Bruxelles, Adam parcourt les grooves mondiaux des années 1970 à 1990, du zouk à la cumbia en passant par les rythmes balkaniques.
  • Chris Wheatley – Funky Musak (14h) : avec plus de trente ans d’expérience, Chris explore l’Europe en quête du groove parfait, mêlant boogie, disco, electrofunk, reggae, jazz, house et musiques latines.
  • LAZY – Super Kebab Records (15h) : DJ et productrice multiculturelle, fondatrice du festival EDENA et du label Super Kebab Records, LAZY propose des sets immersifs qui invitent à la danse et à la célébration.
  • Freddy Jay (16h) : DJ parisien, Freddy Jay séduit par ses sélections éclectiques, du soul au funk en passant par le hip‑hop, avec une énergie et une technique remarquables.
  • Donna Gibson (17h) : fille de Patrick des Gibson Brothers, Donna a grandi entourée de disques soul et pop. Ses sets 100 % vinyle naviguent entre boogie tropical, disco soulful, afro synth et zouk, reflet de ses racines caribéennes et de sa passion pour la musique.

    AGENDA :

    Date : dimanche 22 mars 2026
    Horaires : 10h – 18h
    Lieu : Espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, 19ᵉ arrondissement, Paris
    Entrée : 8 € (billet prioritaire recommandé pour éviter la file d’attente)

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