Pour la première fois à Paris, le collectif féminin brésilien Ilú Obá De Min anime un atelier consacré aux percussions afro-brésiliennes, explorant histoire, sonorités et traditions. Ouverte au public, cette résidence artistique se déroule du 14 au 20 septembre à la Maison des Métallos, dans le 11ᵉ arrondissement, près de la Place de la République. L’objectif est de faire découvrir au public français un projet qui mêle musique, danse et transmission culturelle.
Fondé par les percussionnistes Beth Beli, Girlei Miranda et Adriana Aragão, Ilú Obá De Min est une association culturelle à but non lucratif. Le collectif propose des ateliers gratuits de percussion, chant, danse et échasses, destinés à la formation artistique et à la diffusion des cultures afro-brésiliennes, avec un accent particulier sur la transmission des savoirs traditionnels et la valorisation de la présence féminine dans les arts de rue.
Le projet phare du groupe est le Bloco Afro Ilú Obá De Min, qui ouvre depuis près de vingt ans le Carnaval de rue de São Paulo. Le défilé réunit environ 400 participantes, toutes des femmes, mêlant batterie, danse, chant et artistes sur échasses, et attire chaque année des milliers de spectateurs. Les chants sont interprétés principalement en portugais, mais également dans certains dialectes africains, reflétant la richesse culturelle du groupe.
« Les mains féminines qui jouent du tambour »
Le nom Ilú Obá De Min possède une forte signification culturelle. Littéralement et avec une licence poétique, il peut être traduit par « les mains féminines qui jouent du tambour pour le roi Xangô ». Il évoque l’image de femmes jouant des tambours en hommage à Xangô, l’orixá associé à la justice et au tonnerre dans les traditions yoruba et afro-brésiliennes. Dans ces traditions, un orixá est une divinité ou esprit de la nature qui incarne des forces et valeurs spécifiques, et est honoré à travers la musique, la danse et les rituels. Le nom du collectif reflète donc non seulement son ancrage dans la culture afro-brésilienne, mais aussi sa mission de valoriser la présence féminine dans la pratique des percussions, traditionnellement réservée aux hommes dans certains contextes rituels.
Chaque édition du carnaval est construite autour d’un thème spécifique, pouvant rendre hommage à une personnalité féminine noire, un épisode historique ou un mythe d’origine africaine. Parmi les figures déjà célébrées figurent la chanteuse Elza Soares ; la conseillère municipale et sociologue Marielle Franco, assassinée à Rio de Janeiro en 2018 ; Lia de Itamaracá, chanteuse et référence de la ciranda de Pernambuco ; et Nega Duda, figure culturelle et religieuse du candomblé, dont le parcours est directement lié à la fondation du groupe, entre autres.
« Ici, les femmes peuvent chanter, danser et jouer. Ce qui nous guide, c’est l’idée d’occuper les espaces avec douceur et cohérence », explique Beth Beli, fondatrice et présidente d’Ilú Obá De Min. Selon elle, le travail du collectif se construit sur l’écoute, la collectivité et la continuité des traditions musicales afro-brésiliennes.
L’atelier s’inscrit dans la programmation de la Carte Blanche Casa do Povo, dans le cadre du Festival d’Automne, qui se déroule du 13 au 27 septembre. Invitée à investir la Maison des Métallos, la Casa do Povo – centre culturel de São Paulo – propose deux semaines d’activités mêlant théâtre, danse, cinéma et pratiques collectives. La résidence du collectif Ilú Obá De Min ouvre ses portes au public le 14 septembre, avec présentation des instruments et rythmes du groupe, et se clôture le 20 septembre par une restitution publique rassemblant artistes et participants pour une performance collective.
Agenda :
Dates : 14 et 20 septembre 2025
Horaires : Dimanche 14 septembre, de 15h à 17h (inscription préalable nécessaire)
Restitution publique : samedi 20 septembre, de 16h30 à 17h30
Lieu : Maison des Métallos, 94 rue Jean‑Pierre Timbaud, 75011 Paris, France
Tarif : Gratuit






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